L’idéal d’une société laïque, ce n’est pas une parfaite neutralité : la société laïque n’a pas à concilier des principes, mais des revendications dont chacune, à la limite, menace le principe même de son existenceElle doit établir et maintenir la loi des parties entre elles, à l’encontre de tout groupe, de tout individu qui n’en veut que pour soi au nom de la vérité qu’il professe ou de la liberté qu‘il cultive. Elle cesse d’exister si elle doit régner sur la jungle et par la force, dompter des appétits sans retenue ou des rivalités sans pitié : elle suppose une certaine civilité des esprits et des mœurs.  En réalité aucune démocratie n’est possible sans laïcité politique, et cette exigence est commune à tous les démocrates, qu’ils soient libres penseurs, chrétiens, musulmans ou israélites. C’est pour cela que nous devons défendre notre laïcité quand elle est affaiblie ou en danger.
Dimanche 30 septembre 2007
Le premier concile athée aura lieu a Toledo en Espagne, organisé par la FIdA (Fédération Internationale des Athées)
du 9 au 11 Novembre 2007,

Il y aura un beau parterre d´expositeurs:
Le thème sera "EL DESAFÍO DE LOS FUNDAMENTALISMOS". (Le défi des fondamentalismes)...
Avec la participation de Gonzalo Puente Ojea, Agustín Izquierdo, Jocelyn Bézecourt, Víctor M. Alarcón, JAM Montoya, Anita Werner, Juan F. González Barón, Albert Riba, Leo Bassi, etc.,
 
I° Concile Athée de Tolède
« Il n'existe encore aucune institution spécialement destinée à combattre et détruire la croyance en Dieu, qui, de tous les préjugés, est celui qui a produit le plus de mal et souffrance ». A été écrit en 2005 par un des membres fondateur de la Fédération Internationale des Athées (FIdA), qui, avec d'autres philosophes et penseurs athées a aidé à développer cette organisation. Deux années après, en novembre 2007, la fédération tiendra son Premier Concile Athée de Tolède
La Fédération Internationale des Athées est une organisation qui se définit comme « rationaliste », avec des idées « antireligieuses » et qui combat pour la liberté individuelle. Les membres de la fédération disent d'être convaincus que les institutions religieuses ne sont que des instruments de domination et soumission et que, par conséquent, la religion doit être combattu sous toutes ses formes.

Bulletin
La FIdA
élabore périodiquement un bulletin « critique – informatif » sur l'actualité politico-religieuse de l'Espagne et du monde. Dans leur dernier numéro, le 136, apparaissent des nouvelles comme les élections du Maroc, où s´est fortifié le vote islamique, les détentions en Allemagne ou les déclarations d'évêques espagnols contre Éducation pour la citoyenneté.

Athéologie
A la fin de la vidéo est annoncé le I° Concile Athée de Tolède sous le titre « Défi des fondamentalismes ». Ces images, ainsi que le reste de l'actualité de l'athéisme, peuvent être suivi dans le blog Ateología, page web qui collabore des plus activement avec la FIdA
 
Contre la religion
La FIdA est clairement orientée contre tout type de religion. Sa devise est « Athéisme ou barbarie », comme le loue son manifeste public, qui peut être vu dans la page web de la fédération. « Nous pensons qu'on a jamais donné à l'athéisme l'importance qu´il possède comme fondement des bases scientifiques, politiques et philosophiques d'Occident », explique sa déclaration d'intentions.

Consolidation
Le I° Concile Athée de Tolède est, par conséquent, un pas de plus dans la consolidation d'un mouvement athée organisé. ET pour cela, Tolède a été choisie, car c´est là qu´ont eu lieu jusqu'à dix-huit conciles catholiques pendant la domination Visigoth dans la péninsule ibérique, et où Récarède Ier s'est converti au catholicisme lors du III° Concile de Tolède en 589.

Ville emblématique
Ce lieu emblématique de la religion est en outre, ce qui représente une motivation supplémentaire, le siège de l'Archevêché du cardinal Cañizares, chef de file des défenseurs des valeurs Catholiques les plus traditionnelles et conservatrices. Maintenant, la FIdA veut transformer Tolède en ville emblématique de l'anti-religion

Défi
Comme il est dit dans un éditorial qui présente le Concile, « un défi (dans le sens de duel, lutte) suppose autant l'existence d'une menace réelle comme la nécessité de trouver des outils qui empêchent sa dérive. Un défi décrit à l'ennemi, il le connaît et cherche des instruments de défense et d´attaque. Le défi est évident. Athéisme ou barbarie ».

par ChrisLaur publié dans : Athéisme
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Dimanche 30 septembre 2007

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par ChrisLaur publié dans : Athéisme
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Jeudi 20 septembre 2007

6c33968de45c2b87df4d6240be04c.gif09 Septembre 2007
Dans sa visite en Autriche, il a averti qu'il ne faut pas perdre "la référence à Dieu".
La science sans le Dieu est une menace pour toute l'humanité, a remarqué hier le Papa dans son homélie sous la pluie dans le sanctuaire de Mariazell, l'Autriche, devant 33.000 fidèles. Là, à 150 kilomètres de Vienne, il a présidé les célébrations du sanctuaire favori du monde catholique de l'Europe centrale.

Le souverain pontife a affirmé qu'il ne faut pas perdre "la référence à Dieu" parce que si cela arrive "les grandes connaissances merveilleuses de la science deviennent ambiguës et elles deviennent une menace terrible" qui peut dégénérer "en destruction de l'homme et du monde".

Le Pape a fait allusion aux expérimentations scientifiques biologiques, qui sont en Europe au premier plan cette semaine après que les autorités britanniques aient autorisé la création d'embryons hybrides avec du matériel génétiques humain et d’animaux afin de faciliter les recherches destinées à soigner des graves maladies.

"Notre foi - a-t-il ajouté - s'oppose résolument à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si elle était trop grande pour lui". En plus Il a recommencé à attaquer le relativisme, "dont se nourrit la sécularisation".

Le Pape a abordé de nouveau, comme vendredi dans la première des trois journées de sa visite en Autriche, divers sujets et a commenté que l'Europe est devenue un "continent pauvre en enfants", en se référant à la crise démographique due à la chute de la natalité.

"Il faut avoir confiance en l’avenir. Nous voulons tout pour nous mêmes et peut-être nous ne confions pas trop en l'avenir. Pour aller de l’avant la force morale du christianisme est utile, elle est l'instrument indispensable vis-à-vis des défis de notre temps", a-t-il remarqué, et a ajouté que "Dieu a sauvé le monde non avec l'épée mais avec la Croix".

Le Pape avait durement attaqué l'avortement vendredi, qui "n'est pas un droit humain mais une blessure". Hier, le gouvernement de l'Autriche a déclaré qu'il n’y a pas de projet pour modifier la loi qui autorise avec conditions l'interruption de la maternité.

Benoît XVI a aussi manifesté sa tristesse parce que deux pèlerins de 83 et 80 ans qui allaient au sanctuaire sont morts d’infarctus. Entre ceux qui l'ont écouté sous la pluie il y avait beaucoup de fidèles de pays voisins comme la Hongrie, la Slovénie et la Croatie. Le Pape a prié dans le temple devant la statue de la Marie vierge de style roman et dans l'après-midi il a présidé une veille avec des prêtres et des membres de la congrégation religieuse.

À tous, Benoît XVI leur a souligné l'importance obligatoire des conseils évangéliques de la perfection : la pauvreté, la chasteté et l’obéissance.
Il a ratifié le respect du célibat sacerdotal "qui n'implique pas l'éloge de l'individualisme et du manque de relations", mais "le service inconditionnel et total pour le royaume de Dieu".

Le souverain pontife est rentré par la nuit à Vienne, où ce matin une messe est prévue dans la cathédrale de San Stéphane et une visite au monastère de Helligenkreuz avant de rentrer dans l'après-midi à Rome.

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par ChrisLaur publié dans : Laicité
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Lundi 17 septembre 2007

Publié il y a une semaine....Texte faisant allusion à l'éducation citoyenne (sorte d’éducation civique laïque) promue en Espagne a la place de l'éducation religieuse dans les écoles publiques....tit-logo-int.gifJe ne comprends pas ceux qui se scandalisent quand le Pape affirme que l'église catholique est la vraie église, l’unique, puisque la seule chose que le souverain pontife fait est de défendre son quota de marché.
Il faut reconnaître que les affaires de salvation ne traversent pas un bon moment. Vendre une police d’assurance de vie éternelle semble de plus en plus difficile, surtout si on prend en compte que, pour recevoir les bonifications, le titulaire doit avant de toucher quoi que ce soit, passer de vie a trépas et accéder à une meilleure « vie ». Et tout le monde sait qu'un défunt a sa capacité de réclamer assez diminuée en cas d'une rupture de contrat. Il est normal que les gens se méfient.

C’est peut-être pourquoi l'entreprise vaticane a ordonné à ses promoteurs et agents de marketing, qu'ils reviennent aux messes en latin, puisqu'il est démontré que, pour préserver la foi, le meilleur moyen est de ne rien comprendre. La mise en scène compte beaucoup aussi, de là l'importance de la liturgie avec des centaines d'enfants de chœur habillés de dentelle et des religieuses touchées par des ailes de pélican comme dans les films de Buñuel.

Comme le prix de la vie éternelle part vers les nuages, le personnel semble disposé à renoncer à l'autre monde si on lui baisse le coût de l'hypothèque ici bas. Devant une désobéissance semblable l'Église a opté pour une fuite en avant avec la Théorie du Chaos, qui est le dernier cri sur le marché des valeurs éternelles. Quelques hommes de science croient que Dieu est un gène mutant, mais les théologiens ne sont pas disposés au combat légal après le bordel causé par l’histoire de Galilée. Ils ont déjà accepté que la Terre tourne autour du Soleil.
Qu'est-ce que veulent de plus ces agnostiques ? Ils devraient être reconnaissants, parce que maintenant on ne condamne plus personne au bûcher. Dans une parade de grande générosité, la Conférence Épiscopale est arrivée même à tolérer la géométrie et les mathématiques !. Mais l'éducation pour la citoyenneté c’est une autre histoire. Qu'est-ce qu’on peut attendre - pensent les évêques - d'une matière qui a l'outrecuidance de se baser sur la Constitution et sur la Déclaration Universelle de Droits de l’homme? Jusqu’ici on a pu être tolérant, mais il y a des limites à ne pas dépasser.
Le Pape Ratzinger l'a déjà bien dit : mais que veulent-ils de plus ? Que des sangliers nous dévastent nos vignes?
Les gens n'ont aucune considération. Tu leur donnes la main et ils te prennent le bras.

 

par ChrisLaur publié dans : Laicité
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Dimanche 16 septembre 2007
Résumé du livre de Claude Geffré o.p.
Professeur honoraire à l’Institut Catholique de Paris
Les événements
du 11 septembre 2001 ont redonné toute son actualité à la question du fondamentalisme religieux. On pense tout de suite à l’islam. Mais en fait, le mot fondamentalisme est trop faible, et à juste titre il faut plutôt parler d’islamisme dans sa forme la plus radicale, à savoir le terrorisme islamiste qui légitime la violence au nom de Dieu contre les infidèles de l’Occident. Les autres religions ne sont pas à l’abri de ces dérives fondamentalistes, même si elles ne conduisent pas aux mêmes extrémités. Le christianisme lui-même connaît des courants néo-fondamentalistes qui représentent une réaction presque inévitable face à une adaptation trop complaisante à la modernité.
Dans les pages qui suivent, je voudrais essayer de donner quelques repères à l’intérieur de la nébuleuse fondamentaliste. Comme on le verra, je choisirai de parler du fondamentalisme scripturaire dans sa forme à la fois populaire et savante, en me limitant à l’Europe de l’Ouest. Nous pourrons alors rappeler ses origines lointaines et ses causes les plus immédiates, et nous serons nécessairement conduits à réfléchir sur ses enjeux proprement théologiques. Il demeure une tentation permanente dès que la lecture des textes fondateurs se trouve confrontée aux nouvelles données de la critique historique. C’est toute la question du rapport entre une parole humaine contingente et l’absolu de la Parole de Dieu.
La nébuleuse fondamentaliste
A l’intérieur du christianisme contemporain, on a tout intérêt à ne pas utiliser trop vite l’étiquette commode de « fondamentalisme ». A parler strictement, le fondamentalisme désigne d’abord une lecture littéraliste de l’Ecriture sainte. Comme le dit très bien le texte du Document de la Commission biblique pontificale, L’interprétation de la Bible dans l’Eglise : « La lecture fondamentaliste part du principe que la Bible, étant la Parole de Dieu inspirée et exempte d’erreur, doit être lue et interprétée littéralement en tous ses détails. » Et l’on précise qu’elle s’oppose à l’utilisation de la méthode historico-critique comme de toute autre méthode scientifique [1]. C’est donc un abus de langage que de parler de fondamentalisme à propos de courants de pensée qui s’attachent surtout à la lettre des enseignements du magistère catholique. On parlera plus justement d’intégrisme à propos de ce fondamentalisme doctrinal.
Dans le cas de l’intégrisme, il s’agit d’une certaine sacralisation de la tradition catholique, qu’elle soit dogmatique ou simplement théologique. On discerne une volonté de mettre sur le même plan les enseignements qui relèvent de la foi elle-même et un certain nombre de thèses théologiques qui font l’objet d’un libre débat ou même d’une véritable révision, en particulier dans le domaine œcuménique et interreligieux. Dans le cas du fondamentalisme scripturaire, on est en présence d’une interprétation littéraliste de la lettre de l’Ecriture comme témoin fidèle de la Parole de Dieu.
Ce fondamentalisme biblique a une origine protestante. Il renvoie à une interprétation rigoureuse du Sola Scriptura de la Réforme. Surtout à la fin du xixe siècle, il a influencé toute une orthodoxie protestante qui cherchait à prévenir, surtout en Allemagne, les effets dévastateurs du courant libéral qui appliquait à l’Ecriture les résultats de l’exégèse historico-critique. Au même moment, en France, l’encyclique Pascendi de Pie X condamnait le modernisme d’exégètes catholiques comme Alfred Loisy. Mais le mot même de « fondamentaliste » a une origine américaine. Il se rattache directement au Congrès biblique américain qui s’est tenu en 1895 à Niagra, dans l’Etat de New York, où les exégètes protestants définirent les points fondamentaux de l’enseignement chrétien. Ce courant, toujours puissant aux Etats-Unis (surtout dans les Eglises baptistes et pentecôtistes), demeure attaché à l’inerrance verbale de l’Ecriture et à son infaillibilité. Il est relayé aujourd’hui par les créationnistes [2], qui récusent l’hypothèse darwinienne de l’évolution et veulent prendre à la lettre l’enseignement des premiers chapitres de la Genèse.
Ce fondamentalisme biblique populaire se retrouve dans les nombreuses Eglises évangéliques, qui tendent à se multiplier en Europe à côté des Eglises luthériennes ou réformées. Il est présent aussi sous des formes variées dans certains mouvements charismatiques au sein de l’Eglise catholique. Mais il faut prendre aussi en compte un fondamentalisme scripturaire savant, qui est le fait d’un certain nombre d’exégètes de métier [3]. En dehors de quelques exégètes protestants, on peut citer, en France, des auteurs catholiques comme Claude Tresmontant et Jean Carmignac.
A l’encontre des conclusions les plus assurées de l’exégèse moderne, ces divers auteurs récusent la datation tardive des évangiles et cherchent à réduire au maximum la distance entre l’enseignement même de Jésus et les écrits du Nouveau Testament. Certains vont jusqu’à imaginer l’existence d’un original hébreu contemporain de Jésus qui serait à l’origine de la version grecque des évangiles. On retrouve chez la plupart cette nostalgie du message chrétien à l’état naissant. Il s’agit d’être en continuité avec le dire même de Jésus, dire qui renvoie au dire même de Dieu. Telle était dans l’ancienne orthodoxie protestante le présupposé de la théorie de l’inspiration verbale de l’Ecriture. A plus d’un titre, ce fondamentalisme chrétien a des similitudes avec le fondamentalisme musulman. Mais, dans le cas de l’islam, ce fondamentalisme est quasi normal puisque la révélation consiste essentiellement dans le miracle de la descente du Livre incréé auprès de Dieu dans et par son prophète Mohammed, qui n’est que le transmetteur passif de la Parole de Dieu. Le Coran, c’est la Parole même de Dieu devenu un livre en langue arabe.
 
NOTES
 
 

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Dimanche 16 septembre 2007
Paru dans l'édition LA CROIX du 29 juin 2007
La Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné vendredi la Norvège pour "violation du droit à l'instruction" à propos d'une réforme de l'enseignement religieux et moral qui accorde un "poids prépondérant" à la religion chrétienne.

Le cours de KRL ("christianisme, religion et philosophie"), introduit par une réforme de 1997 dans l'enseignement primaire et étendu à tous les niveaux durant l'année scolaire 1999-2000, avait pour but de remplacer deux matières jusqu'alors distinctes, le christianisme et la philosophie de vie.

Avec cette réforme, les parents, qui avaient auparavant la possibilité de faire dispenser leurs enfants de cours de christianisme, ne pouvaient plus demander qu'une dispense partielle portant sur certaines parties du nouvel enseignement.

La Cour s'est notamment demandée comment pouvait être atteint "le but consistant à promouvoir la compréhension, le respect et l'aptitude au dialogue" entre personnes de croyances et convictions différentes, compte tenu du "poids prépondérant" accordé dans les cours de KRL au christianisme et des "différences quantitatives" et "qualitatives" dans son traitement par rapport aux autres religions et philosophies.

La Cour, qui avait été saisie par des membres de l'association humaniste norvégienne, a également jugé discriminatoire le mécanisme des dispenses partielles.

Tout en reconnaissant que les objectifs de la réforme étaient "louables", les juges de Strasbourg estiment que la Norvège "n'a pas suffisamment veillé à ce que les informations et connaissances figurant au programme de ce cours soient diffusées de manière objective, critique et pluraliste".

 

par ChrisLaur publié dans : Laicité
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Samedi 15 septembre 2007
HISTORIQUE
1/ LE FONDAMENTALISME PROTESTANT
Son évolution va du combat évangélique antimoderniste à la « nouvelle droite chrétienne ».

A) La réaction fondamentaliste au sein du protestantisme américain
* Fin du XIXème : un courant libéral
- le protestantisme américain du XIXème siècle était prospère et conquérant. Il faisait alliance avec une culture de libéralisme, porté par un optimisme devant la modernité et le progrès
avec un mouvement de sécularisation (grandes centres urbains)
- et ses théologiens étaient alors marqués par l’exégèse historico-critique de la Bible.

* Dès 1909 et jusqu’en 1915,
un groupe important de pasteurs de diverses dénominations protestantes, principalement presbytériens et baptistes, mais aussi méthodistes, anglicans… vont publier une série de fascicules de théologie sur les points qui leur paraissent fondamentaux et donc particulièrement importants dans la lutte contre le libéralisme et le modernisme.
= 12 volumes intitulés The Fundamentals
immense diffusion (3 millions d’exemplaires)

Il s’agit de chrétiens évangéliques militant dans l’opposition à la théologie libérale dans les Eglises ou aux changements des valeurs culturelles ou morales du pays
Ce courant va rapidement se développer en mouvement de combat au sein des Eglises avec des scissions.

* C’est dans les années 20 que le mouvement connaîtra sa première grande période.
Le fondamentalisme fait de l’infaillibilité du texte biblique le centre et l’arme principale de son combat. Le texte doit être interprété littéralement. Parole de Dieu, il donne toutes les réponses nécessaires aux grandes questions.
L’évolution selon Darwin est une hypothèse qui commence à être enseignée dans les écoles. Or, il va de soi, nous dit-on, que le monde a été créé en six jours, et que cette perspective évolutionniste qui fait descendre l’homme du singe est impie. Les fondamentalistes partent donc en guerre et cela aboutira en 1925 à un célèbre procès (le « procès du singe »)

B) Le mouvement évangélique
Dans les années 40, le grand mouvement évangélique, qui partage pour l’essentiel l’attachement fondamentaliste à la foi classique, prend cependant ses distances et se dégage du séparatisme comme de sa dimension fortement réactionnaire
cf. certains commentaires critiques de la part de groupes évangéliques américains à l’encontre du film de Mel Gibson
Il ne faut jamais oublier que « tous les fondamentalistes protestants sont évangéliques, mais tous les évangéliques ne sont pas fondamentalistes ».
Pendant de nombreuses années, le courant fondamentaliste restera une composante non négligeable mais secondaire du paysage spirituel américain.
Il se fera alors comme un repli sur son réseau.
par des couches sociales tenues à l’écart des bénéfices matériels et symboliques de la prospérité

C) Le renouveau du fondamentalisme
Dans les années 1970, après une longue période de marginalisation, le fondamentalisme revient sur le devant de la scène.
Les années 1970 sont, pour l’Amérique dans son ensemble, une décennie de crise profonde, d’insécurité aussi bien dans le domaine matériel qu’intellectuel et spirituel, où se conjuguent les effets politiques et éthiques de l’enlisement vietnamien, l’aggravation des contradictions sociales induites par la crise économique, l’intensification des tensions qui travaillent une société multi-culturelle, gravement affrontée à la remise en cause des valeurs qui sont au principe de son identité collective. La poussée fondamentaliste se déploie à un moment où s’effritent à la fois le mythe de la puissance américaine et les rêves de la contre-culture. La crise du Watergate, en posant brutalement la question des rapports entre la morale et la vie publique, parachève ce processus de « dés-utopisation » de l’Amérique et d’exacerbation de l’incertitude collective qui en découle. C’est dans ce contexte de crise que l’offre fondamentaliste de réarticuler le lien nécessaire entre la morale privée et le bien commun trouve un écho complètement nouveau.
Les Eglises ont adopté des positions plutôt progressistes, souvent en pointe par rapport à l’opinion publique. Or, ce que beaucoup attendent des groupes religieux est différent : ils veulent du sens, des repères pour ne pas se perdre, et ils vont se tourner vers d’autres qui proposent des convictions fortes, simples et sécurisantes.
Jusque-là, les fondamentalistes étaient moins que d’autres engagés dans le domaine politique. Or, brutalement, on les retrouve comme une force militante dans les campagnes anti-avortement ou contre les homosexuels.
Les fondamentalistes n’ont pas peur des moyens les plus modernes. La culture est celle du show de variétés et le message s’avère très efficace (succès des télé-prédicateurs).
avec des fonds importants
Le mouvement prend conscience de la force politique qu’il représente : la « majorité morale » avec Jerry Falwell.

En 1980 : élection du candidat born again Jimmy Carter
Election présidentielle de 1984 : huit millions d’évangéliques, concentrés surtout dans la South’s Bible Belt (dans les Etats du Sud où la présence des Eglises fondamentalistes indépendantes est très forte), déçus par Carter et aspirés par la Moral Majority, ont transféré leurs voix du Parti démocrate au Parti républicain et assuré l’élection de Ronald Reagan.
Ainsi, autour des années 1984, les fondamentalistes se lient dans des « alliances réalistes » avec les néo-conservateurs républicains, pour une « nouvelle droite chrétienne ».
L’histoire continue avec l’axe du Bien et du Mal de Goerges W. Bush.

par ChrisLaur publié dans : Athéisme
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